Mâts de pompage
Quand la pompe automotrice ne peut pas entrer, ne peut pas se stabiliser, ou ne peut pas se déplier, le mât de pompage prend le relais. Il ne remplace pas la pompe : il la prolonge. Une stationnaire pousse le béton dans la conduite, le mât le distribue à l’arrivée, au point de coulage.
Ce que ça change sur un chantier
La grue reste disponible. Sur une ossature béton armé, distribuer le béton à la benne mobilise le crochet pendant toute la durée du coulage. Un mât de pompage libère ce temps de grue pour le levage. Sur un planning tendu, c’est souvent le seul poste où l’on peut encore gagner des heures.
On supprime les conduites au sol. Sans mât, il faut déployer, déplacer puis replier des mètres de conduite sur le plancher au fur et à mesure du coulage. C’est de la main-d’œuvre, du temps, et un risque. Le mât couvre sa surface depuis un point fixe.
On accède à des configurations autrement fermées. Noyaux, coffrages glissants, planchers intermédiaires, tunnels, galeries, ouvrages souterrains, piles de pont. Toutes les situations où une automotrice n’a ni l’accès, ni l’emprise au sol, ni la hauteur libre nécessaire.
Les deux familles
Araignées sur vérins
Elles se posent sur la dalle ou en toiture, se calent sur leurs propres vérins, et tournent sur 360°. N’étant pas solidaires du bâtiment, elles peuvent être déplacées d’un ouvrage à l’autre au fil du chantier — un même équipement peut servir plusieurs bâtiments d’une opération.
Les modèles les plus compacts se déploient sous une hauteur libre de 4,80 m, ce qui les rend utilisables en sous-sol, en parking et sous plancher intermédiaire. Les repliages en Z ou en R permettent de choisir la géométrie adaptée à la hauteur disponible.
Certains modèles s’installent aussi sur mât, et grimpent avec la structure.
Araignées sur chenilles
Même principe de distribution, mais l’engin se déplace seul. Il franchit un sol irrégulier, entre dans une galerie, progresse dans un tunnel, se repositionne au fil de l’avancement — sans grue et sans moyen de manutention.
C’est la solution des ouvrages linéaires et souterrains : tunnels, métro, galeries et turbines de barrage, aménagements hydroélectriques, reprises de berges, et d’une manière générale tout ouvrage où une pompe mobile ne peut simplement pas entrer.
Certains modèles fonctionnent sans contrepoids, ce qui allège d’autant la charge reportée sur la dalle et simplifie la mise en œuvre.
Comment on choisit
Quatre paramètres, dans cet ordre :
- La surface à couvrir depuis un point fixe. C’est elle qui détermine la portée nécessaire, et donc le nombre de repositionnements sur la journée.
- La hauteur libre disponible au déploiement. Souvent le facteur bloquant en sous-sol et sous plancher intermédiaire.
- La charge admissible sur le support. Masse de l’équipement, du lest s’il en faut un, et du béton en flèche. À croiser avec la note de calcul de la dalle.
- Le mode de manutention. Une grue est-elle disponible pour poser l’engin, ou faut-il qu’il se déplace par ses propres moyens ?
Ces quatre points se règlent en une conversation. Appelle-nous avec ton plan de coffrage et la nature du support : on arrive plus vite à la bonne machine que par un tableau comparatif.